Ainsi, Jean Ruel ou de La Ruelle (1479 ?-1537), médecin de François Ier et régent de la faculté de médecine de Paris en 1508 et 1509, publie son ouvrage De natura stirpium libri tres, imprimé en 1536 par Simon de Colines (1480 ?-1546). On y voit la marque de l'imprimeur Simon de Colines au titre sur bois gravé par Geofroy Tory (le temps représenté sous la forme allégorique d'un vieillard ailé tenant une faux avec le mot "tempus" et la devise : "hanc aciem sola retundit virtus" : La vertu seule émousse cette lame"). L’ouvrage spectaculaire conservé à la Bibliothèque d’Ajaccio est l’édition originale, admirablement imprimée, et qui forme la synthèse de tout ce que les Anciens, tant Grecs que Romains, ont pu laisser sur les plantes, et sur leur utilisation médicale. Le Frontispice est en perspective, représentant un jardin couvert d'une galerie, sur laquelle se déploie une vigne. L’ouvrage contient 382 figures et 600 descriptions de plantes. Le botaniste Charles Plumier (1646-1704) lui a dédié le genre Ruellia (de la famille des Acanthacée).
De la même manière, les pères de la botanique allemande, Otto Brunfels (1489-1534), médecin à Berne, Hieronymus Bock (1498-1554) dit Tragus, prêtre et médecin auprès du duc de Zweibrücken (Deux-Ponts) et Leonhard Fuchs (1501-1566), professeur de médecine à Tübingen, s’appliquent à reproduire le plus fidèlement possible les plantes médicinales décrites. Les œuvres majeures de ces trois grands botanistes sont conservées à la Bibliothèque bastiaise. Ainsi, l’Herbarium vivoeicones (1530) d’Otto Brunfels, le De stirpium (1552) de Tragus, et le De historia stirpium commentarii insignes (1542) de Leonhard Fuchs, enrichissent de leurs illustrations réalistes les étagères de la bibliothèque patrimoniale.
L’ouvrage spectaculaire conservé à la Bibliothèque d’Ajaccio est l’édition originale